Pour E. CHARMEUX (L'orthographe à l'école, 1979) la dictée est encore "pour une bonne moitié des enseignants" l'unique thérapeutique et la panacée" (p.106) qu'il s'agisse d'un exercice d'apprentissage ou de contrôle. Or, des critiques de plus en plus nombreuses dénoncent l'inefficacité de ce procédé d'enseignement.

Pour GUION (L'institution orthographe, p.98) la dictée "ne fonctionne pas comme un exercice d'apprentissage de l'orthographe, mais comme un exercice d'enculturation (respect de l'usage) d'une part, de sélection (les examens) d'autre part. Ajoutons dans le même ordre d'idées que, pour les faibles en orthographe surtout, elle peut même créer un sentiment d'angoisse et de culpabilité (notion de faute).

Mais surtout, et cela nous paraît essentiel particulièrement pour l'orthographe d'usage, "elle exerce inlassablement à écrire et à réécrire les mots que les élèves connaissent nécessairement et elle ne leur présente que chichement ou pas du tout ceux qu'ils auraient besoin d'apprendre" (A. DUTHIL, Rationalisation et enseignement, 1928, p.7). Quant aux divers types de dictées, E. CHARMEUX (L'orthographe à l'école, 1979, p.107 à 115) les analyse longuement pour conclure que la dictée de contrôle n'est pas un instrument de mesure adéquat, qu'elle ne peut être un exercice d'apprentissage puisqu'aucun raisonnement déductif ne permet de retrouver la graphie d'un mot, tout au plus peut-on parler d'une recherche de probabilités, que les dictées prétendument améliorées (préparées ou dirigées) peuvent faire acquérir un certain "savoir" mais non un "savoir-faire" et qu'enfin l'autodictée, la moins mauvaise des solutions, reste un exercice artificiel par rapport aux situations de vie.

En conséquence, bien que des novateurs introduisent la notion d'erreur plutôt que de faute, qu'ils recommandent l'autocorrection, il est évident que la dictée doit être abandonnée au profit de méthodes nouvelles s'appuyant sur des données récentes des sciences de la linguistique et de l'éducation.