Des tentatives de structuration du contenu en vue d'une rationalisation de l'apprentissage. Nina CATACH a appliqué les principes de l'analyse linguistique au français écrit. S'appuyant sur un vocabulaire essentiel, elle dégage, après plusieurs filtrages successifs, fondés non seulement sur la fréquence du graphème et son rapport avec le phonème, mais encore sur des notions de stabilité, de cohésion, de créativité, d'autonomie à l'égard du contexte, etc. , un noyau irréductible de 33 archigraphèmes qui constituent l'ossature phonématigue du français écrit (cf Nina CATACH - Lecture, orthographe et idéographie. Recherches actuelles sur l'enseignement de la lecture, RETZ, 1976, p.39). La connaissance de ce «plurisystème» lui semble pour le français indispensable à l'amélioration des conditions de l'apprentissage de la lecture et de l'orthographe. La méthode proposée en matière d'apprentissage de l'orthographe lexicale (Orthographe - cours pratique - premier cycle, niveau 1 de D. DUPREZ et M. LEGRIS, Nathan, 1975) part toujours d'une constatation faite par l'élève sur base d'un "corpus" privilégié : des mots proposés en fonction de la traduction graphique d'un son ( par exemple, les différentes prononciations de "t"). Il s'agit pour l'apprenant de reconnaître les variétés de l'encodage par une observation dirigée vers une organisation : ("t" se prononce (t) ou (s), "t" ne se prononce pas). Des exercices d'application assurent l'imprégnation indispensable et si une règle est proposée, elle ne constitue que l'aboutissement des phases précédentes, la méthode suivie est donc rigoureusement inductive. Enfin, le manuel présente une grande souplesse d'emploi puisqu'il permet un enseignement semi-programmé et individualisé. Il nous reste pour être complet à signaler l'intérêt que porte N. CATACH aux problèmes d'analyse et d'ordonnancement des fautes puisqu'elle propose dans un ouvrage paru en 1980 (L'enseignement de l'orthographe, Nina CATACH, Daniel DUPREZ, Michel LEGRIS) une typologie des erreurs orthographiques selon qu'elles sont à dominante phonétique, phonogrammigue, morphogrammique, etc. (p.13 à 15).

Que conclure de tout ceci ? Que N, CATACH, partant d'un constat que notre orthographe est fondamentalement phonétique fonde sa méthode sur la priorité à accorder aux rapports "phonies/graphies" et à une méthode de découverte active : observation, raisonnement, application, règle. C'est pourquoi L. LEGRAND dans sa préface à "L'orthographe - Cours pratique" peut affirmer : "Rien donc de moins improvisés que ces travaux pratiques. Ils ont été expérimentés au plein sens du terme et l'appartenance des auteurs à des équipes pédagogiques habituées à penser les problèmes pour l'ensemble des élèves d'un niveau, y compris les plus handicapés, est une garantie d'adaptation aux besoins réels de la classe".