II est certain que pour être orthographié, chaque mot doit en quelque sorte être conquis "photographiquement". Pour cela, plusieurs conditions doivent être réalisées : des outils sensoriels en bon état de fonctionnement et la capacité de s'en servir, un acquis minimum sur le plan de la lecture et de la compréhension d'un vocabulaire courant, mais encore une attention et une volonté suffisantes pour que l'acquisition soit à la fois active et voulue, la mobilisation de la mémoire étant soumise à la loi de besoin, d'intérêt. Pour Michel LOBROT (L'intelligence et ses formes, Dunod, 1973), la mémoire à long terme est provoquée "par des désirs très profonds et très intenses de l'individu ... une volonté de se rappeler et de se souvenir ... cette activité s'enracine dans l'activité du sujet". Une mobilisation affective constitue donc un facteur déterminant dans l'apprentissage de l'orthographe.